Sophrologie et voix

Pratiquant le chant lyrique depuis de nombreuses années, j’avais travaillé sur les résonances, sur l’émission du son et sur le ressenti et la visualisation de ses vibrations.

Je me suis interrogée sur ce que la voix, et sous son autre forme : le chant (qui n’est rien de plus qu’un allongement de l’énoncé des voyelles parlées grâce au souffle), pouvait avoir comme répercussions sur notre corps.

J’ai pris conscience que le chant profond de mon être ne peut se faire dans toute sa profondeur que lorsque je suis connecté(e) à mon espace intérieur, alors seulement il peut s’exprimer à l’extérieur de moi. Suivant mon niveau de connexion à mon espace intérieur, mon chant aura différentes expressions. Lorsque je me connecte à moi-même, à mon espace intérieur, je suis relié(e) au côté yin du chant ; et lorsque je décide de m’exprimer je suis relié(e) au côté yang du chant : l’expression.

Le chant n’est pas seulement une vibration de l’air mais également une énergie. Qu’on lui donne le nom de Ki (au Japon), de Qi (en chine) ou de Prana (en Inde), c’est une énergie qui circule dans tout le corps et suit les méridiens identifiés en médecine chinoise. Cette énergie de la voix chantée peut soigner les bleus à l’âme, libérer les blocages émotionnels, nettoyer les miasmes qui nous encombrent. Rappelons-nous le célèbre castrat Farinelli qui, par la magie de son chant, a participé à la guérison de la neurasthénie du roi d’Espagne Philippe V, à qui il a chanté les mêmes airs tous les soirs durant des années…

Depuis des millénaires le chant a été employé à des fins diverses, sous formes de chansons pour faire la fête, sauvegarder la mémoire d’histoires, raconter son cheminement, également sous la forme de mantras, de prières, célébrer une naissance ou accompagner un défunt, faisant résonner les fréquences harmoniques dans toutes nos cellules qui se mettent alors à vibrer et à se dé-cristalliser. Des mémoires se libèrent ainsi, remplacées par la lumière-énergie apportées par le son. Toutes les personnes pratiquant le chant font unanimement part du pétillement, du rayonnement intérieur qui suit une pratique.

En faisant vibrer sa voix, on trouve sa « voie », l’on ose être soi, sans jugement. Chaque voix est différente, par l’acceptation de notre voix et in fine de notre vibration personnelle, on s’accepte tel(le) que l’on est, on développe l’estime et la valorisation de soi.

Notre corps est le temple de notre résonance, il vibre dans son unité. La vibration de notre voix traverse notre corps, va dans la terre, se prolonge dans le ciel, s’ouvre dans l’espace, vibre avec l’Univers. Comme une onde qui rayonne dans toutes les directions.

La voix est libre par nature, il arrive que les émotions refoulées, les angoisses, les peurs, les conflits intérieurs la mettent en prison. Libérer sa voix aide à libérer son énergie, sa créativité, ses élans de vie. Plus nous serons dans le principe initial du son avec les sons sources, plus il sera facile de renouer avec ses origines et de faire vibrer l’être.

A travers ma voix je peux donner des intentions, des objectifs variés par exemple :

  • Affirmer qui je suis,
  • Libérer ce qui m’empêche d’avancer,
  • Me sentir vibrer,
  • Mieux communiquer avec ce qui m’entoure,
  • Trouver une meilleure harmonie,
  • Mieux gérer mes émotions, me centrer davantage,
  • Retrouver de l’énergie,
  • Calmer mon mental,
  • Aller à la rencontre du sacré,
  • Retrouver de la joie,
  • Evacuer tristesse, douleur ou colère,
  • Travailler mon souffle pour libérer mon diaphragme
  • Faire du bien à mes organes
  • Mieux me sentir dans mon corps
  • Trouver plus de détente
  • Accéder à la paix, l’harmonie etc…

L’idéal est de clarifier les intentions en fonction des besoins avant chaque pratique.

  1. Intentions liées au corps, à la santé physique, au ressenti physique,
  2. Intentions liées à la voix, à l’énergie, à l’expression de cette énergie,
  3. Intentions liées à nos émotions, nos sentiments, aux manifestations de ces émotions et ou sentiments,
  4. Intentions liées au cheminement spirituel, au chemin de vie, à votre lien au divin, à votre nature.

Selon la pensée bouddhiste, toute chose étant en permanente transformation, toutes les émotions perturbatrices et les ressentis pourront, durant les pratiques, être considérés comme des offrandes car sans jugement, les énergies universelles les transformeront en quelque chose de positif.

Plus nous sommes en connexion avec nos émotions, celle de notre enfant intérieur, plus nous aurons accès à ses besoins fondamentaux. Les besoins de l’enfant intérieur sont liés à nos cinq sens : le toucher, l’ouïe, le goût, l’odorat et la vue. Par ces sens les sentiments s’ancrent dans le corps et répondent aux besoins détectés. Par exemple les sons « Ou » ou « O » amèneront plus de réconfort, de sécurité.

Les sons continus sont utilisés dans l’objectif de lâcher le mental ordinaire et de relâcher le diaphragme. Le lien entre les deux étant étroit, plus le mental lâche, plus le diaphragme se détend facilement, permettant à la conscience de s’intérioriser plus profondément, facilitant ainsi les accès au corps notamment par une respiration plus profonde, donc une oxygénation meilleure de tous nos organes, de notre  corps.

Le plan physique est lié au centre racine, le plan vital au centre sacré, le plan émotionnel au plexus solaire, le plan de la pensée est lié au centre énergétique du cœur.

Pour rappel deux organes se développent en même temps chez un embryon humain : le cœur et le cerveau, ce qui signifie que le cerveau est branché au cœur et ce n’est qu’avec le temps que nos pensées prennent de la distance vis-à-vis du cœur. En énergie chinoise le cœur est relié à la conscience : on apprend par cœur !

L’idéal pour pratiquer est d’avoir une intention reliée au cœur, de déterminer les sentiments ressentis en soi, pour que les connexions cœur-cerveau se renforcent.

Ne pas tenir compte des souffrances intérieures, les renier, c’est empêcher de comprendre les mécanismes émotionnels et psychiques et de soi-même et des autres. Les accueillir, les regarder en face, c’est s’ouvrir des voies d’accès à sa propre sensibilité, donc à son cœur d’enfant, à son authenticité. La reconnaissance de ses propres souffrances intérieures, associée à l’esprit de bienveillance, conduit naturellement à la compréhension des difficultés d’autrui, à la qualité d’empathie et à leur guérison.

Pour arriver à un résultat il faut chanter avec son cœur et avec ses pieds ! Prenons un violon : ce qui fait sa sonorité, c’est son corps, la qualité du bois et du vernis et enfin cette pièce maîtresse que l’on appelle l’âme. Pour l’humain c’est pareil : notre ossature, nos résonateurs, la tension de nos muscles, notre souplesse, notre forme physique et notre forme psychologique, l’état de nos corps énergétique, émotionnel et mental, l’écoute bienveillante ou non de l’auditoire, tout cela participe à la qualité et à la profondeur de notre voix. En réalité il faut chanter avec le chakra du cœur ouvert, bien harmonisé. Et lorsque vous vous serez autorisé à chanter, vous vous réconcilierez et donnerez le droit à votre enfant intérieur de ne retenir aucune de ses émotions, sans jugement, en toute bienveillance, en accord et harmonie avec ce et ceux qui vous entoure, avec l’univers.

Les recherches et travaux du Docteur Masuro Emoto sur l’eau révèlent que la structure des molécules d’eau est influencée par la vibration du son et par le sens des mots. Celui-ci a démontré  que les molécules d’eau cristallisées sur des musiques harmonieuses avec des mots positifs donnent des cristaux de toute beauté alors que les molécules d’eau cristallisées sur des musiques disharmonieuses avec des mots négatifs donnent des cristaux de formes déstructurées. Sachant que notre corps est composé de 70% d’eau, je suis convaincue que chanter des sons, des mots doux, des mantras avec des intentions positives, aimantes, donne des vibrations intérieures de toute beauté. Le chant peut devenir une « médecine douce vibratoire ». Détail étonnant, notre planète Terre est également composée de 70% de mers, d’océans et donc d’eau ! In fine il n’est pas étonnant que le chant procure autant de bien-être à ceux et celles qui le pratiquent. Lorsque l’on prend conscience de la portée des mots que l’on utilise, on choisit ceux que l’on prononcera avec beaucoup plus d’attention, supprimant de son vocabulaire, et c’est un entraînement, les mots porteurs d’énergies négatives. C’est ce que nous faisons en sophrologie.

Partant de ce point de vue, il est plus facile à comprendre certains textes comme cette phrase de bible qui dit que le « Verbe s’est fait chair ». La pensée est donc vivante et plus nous exprimons les choses en pleine conscience, plus notre corps vibre.

Il serait d’ailleurs de plus en plus admis que le chant fait partie des médecines vibratoires comme l’acuponcture et l’homéopathie. Par le chant nous nous mettons en vibration résonnante, stimulant chacune de nos cellules par ce massage vibratoire. La musicothérapie connait, elle également, une reconnaissance et un essor importants.

La complémentarité des cinq sons-mères

Par les sons-mères les champs électromagnétiques sont davantage activés, de manière plus ou moins puissante suivant l’individu. Connecté à ses confusions psychiques, sa puissance sera aléatoire, connecté à son hara (chakra sacré), cette puissance sera plus stable, dense. Non connecté au hara, l’énergie sera volatile et manquera d’ancrage.

Passer du temps à s’entraîner sur un seul son permet d’approfondir ses qualités mais si l’on ne s’entraîne que sur des sons « yin » (les sons « O » et « OU » « U »), on crée un déséquilibre dans notre énergie. Il faut prendre le temps d’expérimenter les sons « yang » (les sons « I » « E »), et il en est de même si l’on s’entraine exclusivement sur les sons « yang ».

Il est recommandé de commencer sur le son A et ensuite de moduler sur les voyelles.

Les mantras : un mantra est la répétition d’une formule sacrée ou d’une prière. « Om mani padme hum » est un mantra tibétain des plus connu. Si vous le souhaitez, vous trouverez les explications détaillées des intentions de ce mantra par sa Sainteté le Dalaï-Lama : http://doc.centreguephel.org/explication_ommanipemehoung.html.

A travers les différentes traditions, il existe des milliers de mantras, par exemple chez les chrétiens avec les « Ave Maria », le « Notre Père », « Alléluia » etc.

Ces mantras ont la préciosité que l’on veut leur accorder. Selon vos propres convictions quant à leurs valeurs, ils vibreront le potentiel que vous leur avez accordé.

Quelles que soient nos convictions, nos croyances, l’esprit dévotionnel est une clé de la puissance alchimique de la pratique des sons ou mantras. Ce qui est primordial est l’intention, les sentiments que vous êtes amenés à ressentir : plénitude, paix, sécurité, confiance, joie, félicité, béatitude, amour ou tout autre… Ces sentiments se transmettent sur tous les plans et portent en eux la puissance alchimique. Ils ne viennent pas obligatoirement tout de suite, mais peuvent apparaître en dehors de la pratique : dans la phase d’intégration, ou bien plus tard dans les contacts avec les autres, la nature.

Si d’autres sentiments sont présents, tels que la colère, la tristesse, la frustration, reconnaissez-les, accueillez-les avec bienveillance et laissez-les se dissoudre ou être libérés dans le mantra. Vous pouvez remettre ces sentiments à la puissance des sons qui sauront les transformer grâce aux énergies subtiles auxquelles vous vous êtes connectés.

Lors d’une consultation :

Nous savons qu’aujourd’hui il faut avoir la tête froide et les pieds au chaud, or on fait tellement travailler le mental que c’est souvent l’inverse qui se produit : on se retrouve avec la tête qui bouillonne et les pieds froids !

Si vous souhaitez aborder la sophrologie par le son, en toute bienveillance et dans le seul but de libérer vos émotions, trouver paix et confiance, sans objectif de performance, alors je pourrais vous accompagner avec joie à travers divers exercices s’appuyant sur la voix murmurée, chantée, criée si besoin, et si cela vous tente utiliser les vibrations des bols chantant qui invitent à voyager en harmonie tout en vous redynamisant.

la musique rend intelligent
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